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samedi, 11 mars 2006

Les dangers d'une guerre nucléaire au Moyen-Orient


Un article très important de Michel Chossudovsy.
 A faire circuler largement : c’est urgent !
 Fr.
 ---------


 ARMES NUCLÉAIRES - 5/03/2006


 Les dangers d'une guerre nucléaire au Moyen-Orient
 Michel Chossudovsy


 Notes de la rédaction
 Michel Chossudovsy est l’auteur du best-seller
 international "The Globalization of Poverty" (titre
 français: "La Mondialisation de la pauvreté") qui a
 été publié en 11 langues. Il est professeur d’économie
 à l’Université d’Ottawa et directeur du "Center for
 Research on Globalization" (www.globalresearch.ca). Il
 collabore également à l’Encyclopaedia Britannica. Son
 dernier ouvrage est intitulé "America’s War on
 Terrorism" (Global Research, 2005).


 « LA PREPARATION D’UNE VERITABLE GUERRE CONTRE L’IRAN,
 AU COURS DE LAQUELLE IL SERAIT FAIT USAGE D’OGIVES
 NUCLEAIRES, EST ENTREE DANS SA PHASE FINALE
. Les
 partenaires de la coalition, qui comprend les
 États-Unis, Israël et la Turquie, sont dans un état de
 préparation avancé. Divers exercices militaires sont
 effectués depuis le début de 2005. De leur côté, les
 forces armées iraniennes se sont livrées, en décembre
 2005, à d’importantes manœuvres dans le golfe persique
 en prévision d’une attaque soutenue par les
 États-Unis. Depuis le printemps 2005, on assiste à une
 intense navette diplomatique entre Washington,
 Tel-Aviv, Ankara et le quartier général de l’OTAN à
 Bruxelles.

 Parmi les derniers événements, il faut mentionner le
 fait que le directeur de la CIA, Porter Goss, lors
 d’une mission à Ankara, a demandé au premier ministre
 turc Recep Erdogan un soutien politique et logistique
 en vue du bombardement de cibles nucléaires et
 militaires iraniennes. Goss aurait également demandé
 que les services secrets turcs collaborent de manière
 particulière à la préparation et à la supervision de
 l’opération.

 Peu de temps avant son attaque cérébrale, Ariel Sharon
 avait, quant à lui, donné à l’armée israélienne le feu
 vert pour commencer les attaques fin mars 2006. Tous
 les hauts responsables israéliens estimaient alors que
 la fin mars serait une bonne date pour une attaque
 militaire contre l’Iran, car c’est à cette date que
 l’AIEA doit remettre à l’ONU son rapport sur le
 programme d’énergie nucléaire de l’Iran.

 LE PROJET MILITAIRE SOUTENU PAR LES ETATS-UNIS A ETE
 APPROUVE PAR L’OTAN MAIS ON NE CONNAIT PAS ENCORE LES
 MODALITES DE LA PARTICIPATION DE L’ALLIANCE AUX
 ATTAQUES AERIENNES.

 Les différents aspects de l’opération militaire
 relèvent tous du commandement américain et sont
 coordonnés par le Pentagone et le quartier général de
 l’US Strategic Command sur la base aérienne d’Offutt
 dans le Nebraska. Les opérations annoncées par Israël
 doivent être menées en étroite collaboration avec le
 Pentagone. La structure de commandement est
 centralisée et c’est Washington qui décidera in fine
 de leur déclenchement.

 DES SOURCES MILITAIRES AMERICAINES ONT CONFIRME QUE
 L’ATTAQUE DE L’IRAN IMPLIQUERA UN IMPORTANT
 DEPLOIEMENT DE FORCES SEMBLABLE AU BOMBARDEMENT «SHOCK
 AND AWE» (CHOC ET EFFROI, CHOQUER POUR INSPIRER LE
 RESPECT) DE L’IRAK EN MARS 2003.


 Les stratèges militaires pourraient dresser une liste
 de cibles en fonction des préférences du gouvernement
 américain, en limitant les attaques aux installations
 les plus importantes… Ou bien les USA pourraient opter
 pour un nombre beaucoup plus important de frappes
 dirigées contre un vaste éventail de cibles.

 CONSENSUS EN FAVEUR D’UNE GUERRE NUCLEAIRE

 AU SEIN DE L’UNION EUROPEENNE, AUCUNE PERSONNALITE
 POLITIQUE NE S’EST OPPOSEE A LA PERSPECTIVE DE FRAPPES
 NUCLEAIRES CONTRE L’IRAN
. Des consultations entre
 Washington, Paris et Berlin sont en cours.
 Contrairement à l’invasion de l’Irak, qui fut refusée
 par la France et l’Allemagne au plan diplomatique,
 Washington a obtenu un consensus au sein de l’OTAN de
 même qu’au Conseil de sécurité.

 Ce consensus concerne également une guerre nucléaire
 qui pourrait affecter une grande partie du
 Proche-Orient et de l’Asie centrale. De plus, un
 certain nombre de pays arabes limitrophes sont
 aujourd’hui des partenaires tacites du projet
 militaire américano-israélien. En novembre 2004, les
 plus hauts commandants de l’armée israélienne ont
 rencontré, au quartier général de l’OTAN à Bruxelles,
 leurs homologues des six pays riverains de la
 Méditerranée : Égypte, Jordanie, Tunisie, Maroc,
 Algérie et Mauritanie. Un protocole d’accord entre
 l’OTAN et Israël a été signé.

 LES «FRAPPES CHIRURGICALES» SERONT PRESENTEES A
 L’OPINION MONDIALE COMME UN MOYEN D’EMPECHER L’IRAN DE
 FABRIQUER DES ARMES NUCLEAIRES. On nous dit que ce
 n’est pas une guerre mais une opération militaire de
 maintien de la paix qui consistera à bombarder les
 installations nucléaires iraniennes.

 Les mini-nukes sont-elles sans danger pour les
 populations civiles?

 L’opération militaire prévoit le recours préventif aux
 armes nucléaires tactiques. Le projet militaire repose
 sur la doctrine de la guerre nucléaire "préventive" de
 l’Administration Bush exposée dans la Nuclear Posture
 Review de 2002.

 ON A RECOURU A UNE LARGE DESINFORMATION MEDIATIQUE
 AFIN DE DISSIMULER LES CONSEQUENCES DEVASTATRICES
 D’UNE UTILISATION D’OGIVES NUCLEAIRES CONTRE L’IRAN,

 si bien que le fait que ces "frappes chirurgicales"
 soient effectuées avec des armes nucléaires ne fait
 actuellement l’objet d’aucun débat.
 Depuis la décision du Sénat américain en 2003, les
 armes nucléaires tactiques (low-yield mini-nukes =
 mini-bombes nucléaires de faible puissance) de
 nouvelle génération sont considérées comme "sans
 danger pour les populations civiles" parce qu’elles
 explosent sous terre.

 Grâce à une campagne de propagande soutenue par de
 soi-disant spécialistes du nucléaire, on présente les
 mini-nukes comme des instruments de paix et non de
 guerre. On en autorise l’emploi sur les champs de
 bataille. On prévoit de les utiliser dans la prochaine
 étape de la guerre américaine "contre le terrorisme"
 parallèlement aux armes classiques.

 L’administration américaine pense que les mini-nukes
 sont plus efficaces, en tant que moyen de dissuasion,
 que les armes nucléaires classiques à l’égard des
 "états voyous" (Iran, Corée du Nord).

 CES ARMES NUCLEAIRES SONT PRESENTEES COMME UN MOYEN DE
 MAINTENIR LA PAIX ET D’EVITER LES DOMMAGES
 COLLATERAUX, ALORS QUE LA PUISSANCE EXPLOSIVE DE
 CHAQUE MINI-NUKE REPRESENTE LE TIERS DE CELLE DE LA
 BOMBE D’HIROSHIMA, SANS COMPTER LES RETOMBEES
 RADIOACTIVES POTENTIELLES.


 La nouvelle définition de l’ogive nucléaire a estompé
 la différence entre arme classique et arme nucléaire:
 Selon Hans Kristensen, du Nuclear Information Project,
 « l’arme nucléaire cesse d’appartenir à une catégorie
 à part, celle d’une arme de dernier recours, pour
 n’être plus qu’un outil parmi d’autres. »

 NOUS NOUS TROUVONS DONC A UN TOURNANT
 EXTRAORDINAIREMENT DANGEREUX DE NOTRE HISTOIRE, CAR LA
 COMMUNAUTE INTERNATIONALE A DESORMAIS ENTERINE LE
 PRINCIPE D’UNE GUERRE NUCLEAIRE AU NOM DE LA PAIX DANS
 LE MONDE.

 POURTANT, CHAQUE BOMBE NUCLEAIRE, QUELLE QU’ELLE SOIT,
 REPRESENTE UN HOLOCAUSTE POTENTIEL: ELLE PEUT TUER,
 DETRUIRE DES VILLES, ANEANTIR DES PEUPLES ENTIERS.

 Unité de commandement pour des attaques sur Terre et
 dans l’espace

 Une attaque préventive avec des armes nucléaires
 tactiques serait coordonnée par l’US Strategic Command
 et l’Offutt Air Force Base au Nebraska en
 collaboration avec des unités de commandement des
 États-Unis et de la coalition du golfe Persique, de la
 base militaire de Diego Garcia, d’Israël et de la
 Turquie.
 L’US Strategic Command a pour mandat de superviser un
 "plan d’attaque global" qui prévoit à la fois
 l’utilisation d’armes classiques et d’armes
 nucléaires.

 COMBLE D’IRONIE : en juin 2005, au début des
 préparatifs de guerre contre l’Iran, l’US Strategic
 Command a été défini comme étant "le premier
 commandement de l’intégration et de la synchronisation
 des efforts du Ministère de la Défense en vue de la
 lutte contre les armes de destruction massive" !

 Pour accomplir cette tâche, une toute nouvelle unité
 de commandement a été créée, la Joint Functional
 Component Command Space and Global Strike (JFCCSGS).
 Elle a pour mission de superviser le déclenchement
 d’une attaque nucléaire conformément à la Nuclear
 Posture Review (NPR) adoptée par le Congrès en 2002.
 Celle-ci prévoit la possibilité d’une utilisation
 préventive d’ogives nucléaires non seulement contre
 les "états voyous" mais contre la Russie et la Chine.

 Le 18 novembre 2005, le chargé de communication de
 l’US Strategic Command a annoncé que la nouvelle unité
 (le JFCCSGS) remplissait officiellement les conditions
 nécessaires pour pouvoir se dire opérationnelle. Une
 semaine avant cette annonce, l’unité achevait un
 exercice de poste de commandement baptisé "Global
 Lightning".

 «Les performances de l’unité durant l’exercice Global
 Lightning ont montré qu’elle était prête à réaliser sa
 mission consistant à prouver ses capacités de frappe
 intégrée dans le monde et dans l’espace, afin de
 dissuader les agresseurs et, si l’ordre en est donné,
 de vaincre l’adversaire au moyen de mesures globales
 communes visant à appuyer l’US Strategic Command de
 manière décisive», a-t-il ajouté sans donner de
 détails sur les "prochaines missions" de cette unité
 de commandement qui compte environ 250 personnes.

 Des spécialistes du nucléaire et des sources
 gouvernementales ont précisé que l’une de ses
 principales missions serait de "mettre en oeuvre la
 stratégie nucléaire visant à attaquer des états voyous
 avec des armes de destruction massive".

 CONCEPT PLAN (CONPLAN) 8022

 Le travail du JFCCSGS est dans un état de préparation
 avancé en ce qui concerne le déclenchement d’attaques
 visant l’Iran ou la Corée du Nord. La mise en œuvre
 opérationnelle d’une attaque globale est appelée
 Concept Plan (CONPLAN). Le Concept Plan est décrit
 comme "un plan concret que la marine et l’armée de
 l’air traduisent en attaques coordonnées de leurs
 sous-marins et de leurs bombardiers." Il est également
 présenté comme "le plan général des scénarios
 stratégiques préparés qui impliquent l’usage d’armes
 nucléaires".

 La mission du JFCCSGS est de mettre en oeuvre le
 CONPLAN 8022, dirigé contre l’Iran, c’est-à-dire de
 déclencher une guerre nucléaire contre l’Iran. Le
 Commandant en chef des Forces armées, en l’occurrence
 George W. Bush, chargerait le Secrétaire à la Défense
 qui, à son tour, chargerait les chefs d’état-major des
 trois armées de l’activer.

 LE ROLE D’ISRAËL

 Depuis la fin de 2004, Israël stocke des armes
 classiques et nucléaires "made in USA" en prévision
 d’une attaque contre l’Iran. Ce stockage, financé par
 l’aide militaire américaine, était quasi-terminé en
 juin 2005.

 Israël a reçu des États-Unis plusieurs milliers
 "d’armes intelligentes" pouvant être lancées depuis
 des avions, dont quelque 500 bombes anti-bunker qui
 peuvent également être utilisées comme vecteurs de
 bombes nucléaires tactiques.

 La bombe B61-11 est la "version nucléaire" de la BLU
 113 classique. Elle peut être lancée à peu près de la
 même manière que les bombes anti-bunker classiques. En
 outre, comme on l’a appris à la fin de 2003, des
 sous-marins Dolphin israéliens équipés de missiles
 Harpoon américains armés d’ogives nucléaires sont
 actuellement dirigés vers l’Iran.

 EXTENSION DE LA GUERRE

 L’IRAN A CONFIRME QU’IL RIPOSTERAIT S’IL ETAIT ATTAQUE

 en lançant des missiles balistiques sur Israël (CNN,
 février 2005). Ces attaques pourraient aussi viser des
 installations militaires américaines en Irak et dans
 le golfe Persique, ce qui conduirait immédiatement à
 un scénario d’escalade militaire et à une guerre
 totale.

 La participation de la Turquie à l’opération militaire
 américano-israélienne résulte d’un accord conclu
 l’année dernière entre Ankara et Tel-Aviv. Plus
 récemment, Téhéran a renforcé sa défense aérienne en
 achetant 29 systèmes anti-aériens russes Tor M-1. En
 octobre dernier, avec la collaboration de Moscou, une
 fusée russe a placé en orbite un satellite espion, le
 Sinah-1.
 Le Sinah-1 n’est que le premier de plusieurs
 satellites iraniens qui doivent être mis en orbite par
 les Russes au cours des prochains mois. Ainsi, l’Iran
 possédera bientôt un réseau de satellites constituant
 un système de préalerte en cas d’attaque israélienne,
 bien qu’il s’agisse là de peu de chose en regard des
 puissants espions aériens israéliens et américains
 capables de détecter les moindres mouvements de la
 barbe des mullahs de Téhéran. De plus, selon le Sunday
 Times, la Russie a signé à la fin du mois dernier un
 contrat d’un milliard de dollars portant sur la vente
 à l’Iran d’un système de défense moderne capable de
 détruire des missiles guidés et des bombes guidées au
 laser. Il sera opérationnel au cours des prochains
 mois.

 GUERRE TERRESTRE

 Bien que le CONPLAN n’envisage pas une guerre
 terrestre, les bombardements aériens pourraient y
 mener. Des troupes iraniennes pourraient passer la
 frontière avec l’Irak et s’opposer aux forces de la
 coalition en Irak. Des troupes israéliennes et/ou des
 forces spéciales pourraient entrer au Liban et en
 Syrie. Actuellement, Israël prévoit d’effectuer des
 exercices militaires et de déployer des forces
 spéciales dans les régions montagneuses de Turquie qui
 jouxtent l’Iran et la Syrie, cela avec la
 collaboration du gouvernement d’Ankara.

 La presse arabe a publié divers articles indiquant
 qu’Ankara est disposé, du moins en principe, à engager
 des négociations sur la mise à disposition de ses
 espaces terrestre et aérien pour des opérations
 dirigées contre l’Iran.

 CONSEQUENCES

 LES CONSEQUENCES DE TOUT CELA SONT EFFRAYANTES.


 L’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord sont
 parvenues à un consensus concernant des attaques
 aériennes au moyen d’armes nucléaires tactiques sans
 prendre en compte leurs effets dévastateurs. En fait,
 la "communauté internationale" a tout simplement
 accepté l’éventualité d’un holocauste nucléaire.

 Cette aventure militaire motivée par la recherche du
 profit est une menace pour l’avenir de l’humanité. Ce
 qu’il faut dans les mois qui viennent, c’est un grand
 mouvement, national et international, qui brise la
 conspiration du silence, qui reconnaisse les dangers,
 qui mette ce projet de guerre au centre des débats
 politiques et de l’attention des médias, à tous les
 niveaux, qui exige des chefs politiques et militaires
 qu’ils prennent position contre cette guerre nucléaire
 patronnée par les États-Unis. En dernière analyse, ce
 qu’il faut, c’est de lourdes sanctions internationales
 à l’encontre des États-Unis et d’Israël. »

 Michel Chossudovsy – 3 janvier 2006
 Extraits de l’article : « La guerre nucléaire contre
 l’Iran »
http://www.globalresearch.ca

 Article original, source et auteur
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticl...

 Transmission : http://www.observabilis.com/


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