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samedi, 06 août 2005

AVEUGLEMENT


24/05/2005
Aveuglement, par Maurice Allais
LE MONDE | 14.05.05 par Maurice Allais, Prix Nobel d'économie

Suivant les avis les plus autorisés, à gauche comme à droite, le projet de Constitution, s'il était adopté, représenterait un rempart majeur contre "les excès du libéralisme" . Une confusion essentielle résulte ici de lasignification attribuée au mot libéralisme. En fait, la doctrine libérale est une doctrine politique destinée à assurer les conditions, pour vivre
ensemble, des ressortissants d'une collectivité donnée. Mais, dans les discussions actuelles, le "libéralisme"correspond à ce qu'il conviendrait plutôt d'appeler la "chienlit laisser-fairiste" . Il convient donc de mettreentre guillemets le mot "libéralisme" , tel qu'il est utilisé actuellement par les principaux partis politiques.

Je me bornerai ici à deux exemples particulièrement significatifs, parmi unemultitude d'autres. Le 24 mars, Jack Lang a présenté sur RTL un exposépassionné soutenant que la seule protection contre "les excès du libéralisme" était l'adoption du projet actuel de Constitution. Le même jour, la presse faisait état de la "charge de Jacques Chirac contre l'Europe libérale" , en s'appuyant précisément sur la protection qui serait assurée par le projet de Constitution contre les excès de l'"Europe libérale" .

En réalité, il y a là une erreur fondamentale. En fait, l'article III-314 du projet de Constitution stipule : "Par l'établissement d'une union douanière, conformément à l'article III-151, l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres." Il résulte de cet article que non seulement la Constitution envisagée ne protège en aucune façon contre les excès du "libéralisme" , mais au contraire que la Constitution projetée institutionnalise la suppression de toute protection
des économies nationales de l'UE.

L'article III-314 du projet de Constitution ne fait que reproduire les dispositions de l'article 131 du traité de Rome du 25 mars 1957. Article 110: "En établissant une union douanière entre eux, les Etats membres entendent contribuer conformément à l'intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la réduction des barrières douanières."

Il est simplement ajouté, dans l'article III-314 du projet, "la suppression progressive des restrictions aux investissements étrangers directs" . En réalité, comme je l'ai démontré dans mon ouvrage de 1999 La Mondialisation.
La destruction des emplois et de la croissance. L'évidence empirique -éd. Clément Juglar, 1999-, l'application inconsidérée, à partir de 1974, de cet article 110 du traité de Rome a conduit à un chômage massif sans aucun
précédent et à la destruction progressive de l'industrie et de l'agriculture.

De là il résulte que l'argument présenté de toutes parts par les partisans du oui à droite et à gauche de la protection que donnerait le projet de Constitution à l'encontre des excès du "libéralisme" est dénué de toute justification réelle.Non seulement les partisans du oui trompent ceux qui les suivent, mais ils se trompent eux-mêmes.

On constate ici à nouveau la justesse de l'adage antique : "Celui qui se trompe se trompe deux fois. Il se trompe parce qu'il se trompe et il se trompe parce qu'il ne sait pas qu'il se trompe" et la profonde vérité de l'affirmation de Rabelais : "Ignorance est mère de tous les maux."

Pour être justifié, l'article III-314 du projet de Constitution devrait être remplacé par l'article suivant : "Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial, une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l'encontre des importations des pays tiers dont les niveaux des salaires au cours des changes s'établissent à des niveaux incompatibles avec une suppression de toute protection douanière."

Maurice Allais, est Prix Nobel d'économie.

vendredi, 08 juillet 2005

Tel père, tel fils?

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Tel père, tel fils ?

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mardi, 10 mai 2005

Nouveau virus!!!

(Message émis à l'origine par la section SNESup de Paris 1)

Ce virus est prévu pour se déclencher le lundi de Pentecôte. Il doit provoquer la suppression d'un jour férié. Il transformera ensuite des heures chômées en heures travaillées. Enfin, par un processus que ni Mac Afee, ni Norton Antivirus, ni Microsoft, ni JP Raffarin, ni même Jean Luc Delarue ne parviennent à expliquer à ce jour, il doit transformer des cotisations sociales en aide pour les personnes âgées !!!

Il aurait été mis au point par une équipe d'escrocs qui se sont fait élire en promettant aux " français d'en bas " davantage de sécurité, alors qu'ils n'ont su empêcher plus 15.000 morts en 15 jours pendant le mois d'Août.

Il est encore temps d'agir pour éradiquer ce virus, apparenté à un Cheval de Troie. Voici la marche à suivre :
1 - Faites suivre ce mail à tout votre carnet d'adresse.
2 - Décrétez que vous ne viendrez en aucun cas travailler ce jour là.
3 - Jurez au contraire que vous en profiterez pour rendre visite à une grand-tante esseulée.
4 - Réclamez haut et fort la création d'un jour férié en plus, qui sera consacré à organiser des festivités pour égayer le quotidien des personnes âgées.
5 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, que l'économie du pays récupérera en richesses produites tout ce qui sera dépensé au cours de ce jour de fête.
6 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que l'impôt sur les grandes fortunes a été diminué pendant que 15.000 personnes âgées n'avaient pas de quoi être accueillies dans les hôpitaux et services sociaux
7- Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que l'impôt sur les sociétés a été abaissé à 30 % pendant le même mois. Il était de 50 % il n'y a pas si longtemps.
8 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que 103 millions d'euros de crédits pour l'amélioration des structures d'accueil des personnes âgées ont été annulés en janvier 2003.
9 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que des millions d'heures d'aide ménagère ont été supprimées faute de crédits
10 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, et aussi (hélas !) à Lionel Jospin que des centaines de lits d'hôpitaux ont été supprimés, des dizaines d'établissements hospitaliers supprimés.
11 - Rappelez enfin que s'il faut travailler plus, des millions de chômeurs seraient ravis de le faire.

Attention ! Ce virus peut également prendre la forme de fichiers nommés
1 Tunousprendspourdespingouins.bat
2 SEILLIERES.MEDEF ou FILLON.BUG. avec de multiples variantes destructrices :
3 RMA.Medef.bug ;
4 ASS.reduc.pif ;
5 RecalculDroitsAssedic.Ampute.scr

Ces virus génèrent tous des processus particulièrement dévastateurs :
6 InsécuritéSociale.exe,
7 MisèreEtPauvreté.exe ou
8 PrécarisationGénéralisée.com
9 Adieules35heures.exe

12:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blog

vendredi, 22 avril 2005

Le temps des ruptures : énergies féminines et masculines en politique

Christian Cotten – 22 avril 2005



L’inconscient collectif français, depuis plusieurs siècles, a appris à saisir les opportunités historiques pour rappeler sa puissance de peuple souverain ; chaque français porte dans ses gênes la compétence à affirmer sa souveraineté de citoyen totalement déterminé à maintenir ses libertés individuelles.

Le temps des ruptures arrive donc à nouveau en ce mois de mai 2005.

La fracture est désormais ouverte, entre le pays réel et ses élites.

La confiance s’est envolée.

C’est un divorce.

Les femmes et leurs enfants sont les plus touchés par la précarité économique et les violences sociales. Beaucoup d’hommes ne sont pas en reste.

Au lieu d’aider les personnes en souffrance, le système institutionnel, pour une part, fabrique et amplifie les violences sexuelles, religieuses, ethniques, culturelles, sociales et économiques.

Nos dirigeants ne savent plus gérer les flux et l’intensité des masses monétaires. Les experts-comptables sont entrés dans la confusion mentale.

Nos politiques tentent pitoyablement de nous vendre un pavé indigeste en guise de constitution européenne, au moment où la majorité des français réclame une Europe beaucoup plus belle et puissante et constate en même temps que l’Europe que l’on entend construire ne peut être qu’encore plus violente qu’elle n’est déjà aujourd’hui.

Nous arrivons donc à la fin de la Vème République, quand les énergies masculines et violentes sont en rupture de plus en plus radicale avec les énergies féminines : nos capitaines d’industrie, nos banquiers réussissent des prodiges technologiques, industriels, financiers quand, dans le même temps, la précarité économique de plus en plus violente s’étend à tous les groupes sociaux et tous les âges de notre société.

Nous en sommes ainsi à l’euthanasie de la Vème République, quand un premier ministre et son ministre de l’intérieur se battent comme dans une cour d’école et quand, dans le même temps, le système judiciaire lamine des milliers de personnes par ses lenteurs, ses dysfonctionnements et ses corruptions politico-financières.

La souveraineté populaire européenne va naître le 29 mai prochain : les peuples d’Europe souhaitent tous ou à peu près que les Français disent Non le 29 mai prochain.

Ce sera là notre cadeau à l’Europe en devenir, alliance harmonieuse de très vieilles nations qui prennent ensemble le risque de créer un niveau de souveraineté populaire totalement novateur : la souveraineté de la nation européenne, comme l’on parle de la nation américaine, ce patchwork multicolore en même temps si profondément Un.

Restera ensuite à construire une nouvelle constitution pour la France, en harmonie avec celle de l’Allemagne et celles des pays du noyau historique de l’Europe.

Alors émergera l’évidence d’une constitution européenne de 20 pages sur laquelle tous les peuples d’Europe pourront être d’accord.

Depuis plus de 10 ans, des milliers de français ont compris que nous devions, ici dans ce pays, inventer de nouveaux modèles de société heureuse, faite de respect, de solidarité, de paix, de prospérité. Nos ressources nous permettent cela : créer paix et prospérité.

Il va simplement nous falloir inventer une nouvelles alliance des énergies féminines et des énergies masculines, une nouvelle alliance des nécessités et des désirs, une nouvelle alliance des contraintes économiques et du respect des besoins individuels de solidarité.

La créativité collective de ce pays est immense : pour le moment, assumons la rupture, allons voter le coeur léger et serein le 29 mai : non, nous n’irons pas vers toujours plus de violence et d’impuissance collective, qui est la voie proposée aujourd’hui sous l’emprise de la peur et de la confusion intellectuelle. Non, nous voulons construire sur la paix européenne la prospérité des personnes et des systèmes, dans l’harmonie et le respect. Le défi est immense, il est à la mesure de nos ambitions et de nos compétences d’intelligence collective.

Car après les ruptures et le temps du deuil arrivent toujours le renouveau et la naissance : quand les femmes auront pris le pouvoir et les rênes du jeu politique en absolue égalité numérique avec les hommes, alors, nous pourrons donner naissance à des modèles socio-économiques et politiques radicalement novateurs et manifester dans le champ politique cette nouvelle alliance des hommes et des femmes d’Europe.

Là est le sens du projet que Politique de Vie va mettre en place pour 2007 : soutenir les candidatures de 600 femmes aux élections législatives : 100 % de femmes candidates à l'Assemblée Nationale.

Christian Cotten

jeudi, 21 avril 2005

Le «oui» va mal.


Par Marie-José Mondzain

Désormais, la campagne pour le «oui» bat son plein.
Qu’est-ce que cela veut dire?
Depuis une semaine, et pour six semaines encore sans aucun doute, cela veut dire que l’acceptation du traité constitutionnel ne doit plus être l’objet d’un débat contradictoire et démocratique au sujet d’un avenir commun, mais un objet pris dans un pur rapport de forces.
Bras de fer contre un bras de terre, puisque que les champions du «oui» contrôlent pratiquement tous les médias. Les journalistes, consentants ou non, se trouvent destitués de la dignité de leur profession, de leur fonction d’information, de médiation entre les libres expressions de ceux qui veulent débattre, parler pour comprendre.
Désormais, on assiste à la transformation de la campagne du «oui» en programme de showbiz orchestré par des animateurs des spécialistes en divertissement. Les citoyens ne sont plus respectés, ils sont devenus un public à conquérir. L’électeur est un spectateur à qui l’on doit à tout prix éviter de penser comme on épargnerait l’ennui. Il devient une cible pour la vente d’un produit; ce produit, c’est le traité. La campagne est affaire de marketing.
Nous n’attendrons pas le 29 mai pour dire non à ce traitement indigne, qui augure assez bien de ce qui nous attend dans le cadre même du dit traité.
Il y a quelques années, nous avons déploré, quand nous n’en avons pas ri, que Berlusconi s’empare du pouvoir en animateur de télé dont il contrôlait tous les programmes. Il occupait la scène en amuseur brillant et demandait en séducteur à son public de lui faire confiance dans une double matière: celle de l’économie et celle du divertissement – car c’est tout un: là-dessus, la crise des intermittents a bien fait symptôme. Ils nous ont fait entendre un fort signal, ne l’oublions jamais.
Mais devant Berlusconi, nous avons alors pensé qu’une telle caricature de la démocratie n’était possible que dans un pays qui abritait sur son sol et par tradition quelques grands histrions du théâtre de la vie publique. Quelle erreur! Aujourd’hui, la classe politique au pouvoir en France n’a pas résisté à l’ivresse des plateaux, à la frénésie du spectacle, aux bénéfices de l’«entertainment». Dire «oui», c’est faire partie de la grande famille des permanents du spectacle.
Quel est le bénéfice attendu d’une telle parodie du vivre ensemble qui a dû être vendue à notre président par un conseiller en communication?
Il s’agit de fabriquer l’image avenante du ouiouiste européen qui ne fait plus obstacle à rien: non seulement, comme on nous le dit, à la libre concurrence, mais qui ne fait plus obstacle à quoi que ce soit. Le ouiouiste ignore tous les obstacles, ne résistant à rien ni à personne, toujours d’accord avec tous les accords, il est lui-même irrésistible.
Mode d’emploi: comment fabrique-t-on un ouiouiste? On le choisit, on l’invite, on lui serre la main. Puis on lui demande de s’exprimer, on l’écoute avec aménité, on lui demande ce qu’il n’a pas bien compris. On va tout lui expliquer, car s’il doute, s’il critique, c’est qu’il est encore trop jeune, encore ignorant, pas assez confiant. Il ne faut pas hésiter à lui faire peur, et le mieux est d’essayer de l’endormir. Après quoi, on mange, on boit, on fait de la musique, on va danser, peut-être.
Le profil européen du bon ouiouiste est celui-ci: il est jeune, il est beau, dynamique et confiant. Il a du travail, et s’il n’en a pas, il en aura dès demain matin. Il a un toit, et s’il n’en a pas, il en aura un après-demain. Il sera bientôt riche. Il voyage gaiement, parlant cinq langues, et partout où il va, toujours gaiement bien sûr, il a quelque chose à vendre. Il ne connaît qu’un transport: le wagon de marchandises.
Car le ouiouiste est toujours acheteur et vendeur de quelque chose.
Tout ce que fait le ouiouiste peut se vendre.
Tout ce qu’il désire s’achète.
Tout ce dont il rêve est en boutique.
Que le meilleur ouiouiste gagne – ou plutôt, celui qui gagne le plus est le meilleur ouiouiste. Un ouiouiste doit être gagnant.
Il vend tout, il achète tout, même la confiance, l’air pur, l’eau potable, le médicament. Il vend les OGM et il achète chèrement son bio. Mais il achète aussi le savoir, la pensée, la culture, la création de masse et la culture de classe, il achète les choses et les images des choses… Le ouiouiste est un consommateur effréné du bonheur, un boulimique de la communication, un accro du shopping tous azimuts. Il ne sait plus recevoir et il lui sera interdit de donner.
Telle est l’image que l’on veut nous vendre. Je crois qu’elle présente un avantage considérable pour nous qui résistons, c’est que le «oui» cesse ainsi de se respecter lui-même. Le fabricant du ouiouiste méprise et sous-estime sa propre créature.
Quel citoyen de bonne foi qui croit légitimement à l’Europe et qui acquiesce au traité, ne sera pas pris d’un haut-le-cœur et rempli de révolte, car il ne peut ni ne veut se reconnaître dans cette caricature de la citoyenneté?
Quant à moi, si je résiste aux sirènes ouiouistes, ce n’est pas par esprit de contradiction, ce n’est pas parce que je ne suis plus jeune ou que je n’ai plus d’espoir, que je ne crois plus au bonheur d’être ensemble.
C’est exactement tout le contraire.
C’est parce que je fais partie, avec une majorité croissante de citoyens, non seulement de tous ceux qui n’ont pas grand chose à vendre ni le fantasme de pouvoir tout acheter, mais de tous ceux qui avec moi et souvent bien plus que moi encore, passent leur vie non pas à vendre et à acheter, mais à donner, à transmettre, à éveiller les esprits, à célébrer la puissance de la parole, le sens des émotions, à échanger des idées et des signes, à poser des questions, à proposer des figures, certes fragiles, mais si précieuses, du partage.
Quelle que soit son histoire, toute vie d’homme trouve son prix non calculable, non mesurable dans le commerce gratuit du temps consacré à partager du sens et de l’espoir.
Dire «non», c’est ainsi poser la question de la communauté non pas en termes de pouvoir à prendre ou de pouvoir d’achat, mais en termes de partage et de reconnaissance.
Ce n’est pas une posture nihiliste ni rétrograde, car ce n’est pas au nom du passé que nous nous battons. Nous n’invoquons pas le charme monarchique d’un monde révolu, ni l’effroi du chaos. Non, nous nous battons pour une autre figure de l’avenir.
Cet avenir est à construire.
Par quoi je veux dire que dire «non» à ce traité constitutionnel n’est pas une position négative, mais bien au contraire la posture positive par excellence, affirmative, même, et constructive.
Nous devons travailler pour faire entendre de plus en plus clairement à quoi nous disons «oui».
À la question: «mais que proposez vous à la place du traité?», ne soyons pas embarrassés pour répondre: à la place du traité actuel, nous voulons un texte qui nous fasse une autre place. Et c’est cette place que nous voulons partager pour produire tous ensemble le texte qui construira l’Europe socialement et politiquement, c’est-à-dire une Europe où tous ceux qui n’ont rien à vendre restent notre bien commun le plus précieux.» [Marie-José Mondzain]

lundi, 18 avril 2005

Douze économistes contre le projet de constitution européenne

Introduction

Gilles Raveaud*, Aurélien Saïdi**, Damien Sauze***

La construction européenne est souvent présentée, à juste titre, comme un projet essentiellement économique. C’est au nom de l’efficacité supposée de la concurrence et des bienfaits attendus du « grand marché » que les principales politiques européennes ont été menées. Aujourd’hui, l’échec de ces politiques est patent : on ne vit pas mieux en Europe, et singulièrement en France, depuis que nos vies sont encadrées par la Banque Centrale Européenne, le Pacte de Stabilité et de Croissance, et les arrêts de la Cour de Justice des Communautés Européennes visant à faire appliquer le droit de la concurrence.

Affaire de temps, de patience ? On nous l’a longtemps dit. Mais notre patience a des limites. Et il est temps de voir la réalité en face : si l’Union européenne échoue à promouvoir le bien-être de ses citoyens, elle est remarquablement efficace dans sa capacité, depuis la signature de l’Acte Unique en 1986, à définir et à mettre en œuvre un nombre croissant de politiques. Ces politiques ont une caractéristique commune : elles recherchent la concurrence, plutôt que la coopération. Si le projet européen s’est identifié à ses débuts avec la pacification des relations internationales sur notre continent, il n’en va pas de même, depuis une génération environ, en matière économique et sociale. Dans ces domaines, c’est le chacun pour soi et la guerre de tous contre tous qui prévaut.

Cette situation, si éloignée de l’Europe sociale, démocratique et solidaire avec les pays pauvres que l’on nous avait promise, nous conduit à une certaine désillusion à l’égard de la construction européenne, comme nous l’expliquons dans le texte qui suit. Elle nous amène aussi à examiner de près le contenu du traité constitutionnel européen (TCE) sur lequel nous allons nous exprimer dans quelques semaines. Nous avons ainsi demandé à des économistes confirmés de nous livrer leur analyse du TCE. Pour eux, le jugement est sans appel : loin des lectures enchantées du texte, le TCE ne contient aucune « avancée »
substantielle.

http://econon.free.fr/index.html

dimanche, 17 avril 2005

Le CD du NON

arrêtons de culpabiliser osons dire "NON" au projet de constitution européenne

L’argumentation qui se cristallise au sujet du « traité constitutionnel européen » n’est ni de droite ni de gauche : Cette argumentation montre surtout un danger historique pour nous tous, qui serait de perdre la protection contre l’arbitraire. C’est au-dessus de la politique, c’est pour la démocratie qu’il ne faut pas leur dire « OUI » mais bien dire massivement « NON » parce que nous voulons une Europe de la liberté mais aussi et peut-être avant tout de la fraternité.

Une Europe qui élève les droits de chacun de ses citoyens au plus haut niveau possible.

Dans cette affaire d'État, les fondements du droit constitutionnel sont bafoués :

1. Cette constitution n’est pas lisible pour permettre un vote populaire.

2. Cette constitution n’est pas politiquement neutre, elle entérine le principe d’une économie libérale.

3. Cette constitution n’est pas révisable du fait de l’exigence d’une double unanimité.

4. Cette constitution ne protège pas de la tyrannie avec un Parlement sans pouvoir face à un exécutif tout puissant mais sans responsabilité, la séparation et le contrôle des pouvoirs ne sont pas respectés.

5. Cette constitution n’émane pas du peuple lui-même, d’une assemblée constituante, indépendante, élue pour l’écrire puis révoquée une fois la constitution réalisée. Cette constitution nous est octroyée par les puissants, les hommes au pouvoir à la fois juges et parties.

La démocratie n’est pas éternelle, et plus fragile que l’on ne croit, nous citoyens d’Europe ne pouvons laisser un pouvoir sans contre-pouvoir, faire l’économie d’une assemblée constituante pour se voir imposer une constitution par les séides des maîtres du monde, le 29 mai 2005 au projet de constitution pour l’Europe, il faut dire NON pour les arrêter, car ils sont devenus fous ou ils nous trahissent ceux de droite comme de gauche ...


Le texte Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie me semble devoir être mis entre toutes les mains comme ce texte évolue je vous conseille de le télécharger à cette adresse :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_reve...


miroirs :cdnon.free.fr/ cddunon.free.fr/ lecddunon.free.fr/

site lecddunon.free.fr retour à la page d'accueil

mardi, 12 avril 2005

Constitution: à refaire

Le non s'installe dans l'opinion et les pauvres arguments du oui n'y changent rien.


Par Jean-Pierre CHEVÈNEMENT


mercredi 06 avril 2005



Jacques Chirac n'est pas crédible quand il prétend que la «Constitution» permettrait de «sauvegarder le modèle social européen». Les critères de gestion qu'elle fixe sont tous récessifs : interdiction de la relance par l'investissement du fait d'un pacte de stabilité absurde qui n'a été que cosmétiquement assoupli (la règle des 3 % figure toujours dans le traité et aucune déduction des dépenses de recherche, par exemple, n'est autorisée). Seule au monde dans ce cas, la Banque centrale indépendante n'a pas à se soucier de la croissance et de l'emploi. La Commission interprète le primat de la concurrence comme l'interdiction de toute politique industrielle. Un enfant peut comprendre que sans croissance économique l'équilibre du régime des retraites, de l'assurance maladie ou de l'assurance chômage est inévitablement compromis. C'est pourquoi, même en choisissant des interlocuteurs très jeunes, le président de la République prend des risques.

La directive Bolkestein n'est évidemment retirée que jusqu'au 29 mai. La «Constitution» qui met la liberté d'établissement au rang des libertés fondamentales (article I-4) renforce les bases sur lesquelles elle a été prise (article III-133 à 150). La Commission peut s'appuyer sur l'article III-148 pour imposer le principe du pays d'origine. Un enfant encore peut comprendre que, entre des pays où les rémunérations brutes moyennes varient de un à quinze, la règle de l'unanimité en matière sociale (article IV-210) interdira toute harmonisation par le haut et favorisera la course au moins-disant social.

François Hollande n'est pas plus crédible en prétendant qu'il n'y a pas de rapport entre la politique gouvernementale et les contraintes de la politique européenne qu'il nous propose de constitutionnaliser et qui seraient bien entendu les siennes, s'il venait au pouvoir. D'Amsterdam à Barcelone en passant par Lisbonne, l'opinion se souvient que les sociaux-libéraux ont contresigné le pacte de stabilité budgétaire et surenchéri dans son application, ouvert les services publics à la concurrence, accéléré les privatisations et entériné les projets de «flexibilisation» du marché du travail. M. Raffarin est certes très critiquable mais François Hollande n'est pas le mieux placé pour le faire. Il n'y a pas de «oui de gauche» pas plus qu'il n'y a de «oui gaulliste». Il y a un oui libéral. Point à la ligne.

Parce que leur dossier est mauvais, les propagandistes du «oui» qui confisquent les moyens d'expression, en n'hésitant pas à détourner effrontément l'argent public, vont développer de plus en plus les arguments de la peur. Ceux qui ont signé le traité de Nice en 2000, en nous le décrivant alors comme «le meilleur texte européen depuis le traité de Rome» (Jacques Chirac), nous expliquent aujourd'hui qu'il serait une épouvantable régression.

Certes, le traité de Nice n'est pas bon, mais il est infiniment moins mauvais que le texte dit de «Constitution» et d'abord parce qu'il ne prétend pas en être une. Il n'affirme pas le primat de la Constitution et du droit européen sur le droit national et donc sur la Constitution française (article I-6). Il n'étend pas davantage les immenses pouvoirs de la Commission désormais chargée de «promouvoir l'intérêt général de l'Union» (article 26) alors qu'elle n'est encore que «chargée d'exercer ses fonctions dans l'intérêt général» (article 213 TCE). Nuance de taille.

Le traité de Nice ne marginalise pas autant la France qui pourrait n'avoir, à partir de 2014, plus aucun commissaire, en vertu du principe de rotation égale entre les Etats posé par la Constitution. Celle-ci met la France au même rang que l'île de Malte !

Le traité de Nice, contrairement à la Constitution, ne rompt pas avec la parité dans les votes au Conseil entre la France et l'Allemagne dont, depuis les années 50, les «pères fondateurs» considéraient que, nonobstant les poids de la population, elle seule pouvait fonder un partenariat de longue durée entre nos deux pays. Légèreté coupable !

Le traité de Nice n'étend pas les délégations de compétences non ciblées et non contrôlées démocratiquement et cela dans des domaines ultrasensibles : l'asile, l'immigration. Il maintient la clause de sauvegarde de Schengen que la «Constitution» supprime et qui m'a été bien utile pour arrêter à nos frontières casseurs et hooligans pendant la Coupe du monde de football en 1998 ! Le traité de Nice maintient l'«exception culturelle» (article III-315) que la Constitution supprime.

Le traité de Nice ne reprend pas les objectifs de l'AMI : suppression progressive des restrictions aux investissements étrangers (article III-314). Victoire des libéraux qu'entérinent les directions du PS et des Verts. Tristesse !

Le traité de Nice n'inscrit pas dans les textes la comptabilité obligatoire de la défense européenne commune avec l'Otan, consacrée comme «fondement de la défense collective et de sa mise en oeuvre» (article I-41). Il ne fait pas de la Cour de justice européenne une véritable Cour suprême fédérale qui serait compétente en tous domaines, puisque les trois «piliers» ont été fusionnés.

Les contempteurs du traité de Nice font valoir qu'il rend la formation de majorités qualifiées au Conseil plus difficile pour mettre au pas les nations récalcitrantes. J'y vois pour ma part un grand avantage : le traité de Nice obligera à la multiplication de coopérations spécialisées à géométrie variable. Celle-ci est l'avenir d'une Europe refondée dans la démocratie.

L'erreur de M. Giscard d'Estaing, pur produit de la cohabitation, est d'avoir concocté avec sa «Convention» une sorte de Meccano institutionnel dont il est, paraît-il, très fier. Il a constitutionnalisé au passage, en 325 articles sur 448, toutes les politiques qui figeraient un rapport de forces totalement déséquilibré entre le travail et le capital dont la liberté souveraine est affirmée de manière quasiment irréversible (article III-157). M. Giscard d'Estaing n'a oublié que les peuples : que vaut la «liberté de chercher un emploi et de travailler» (article II-75) dans une Union où le nombre de chômeurs dépasse 10 % de la population active ?

M. Giscard d'Estaing n'a pas traité le vrai sujet : comment sortir la zone euro qui, avec ses 300 millions d'habitants, est le coeur de l'Europe, de la stagnation économique où elle s'enfonce ? Les règles libre-échangistes que la Constitution cristalliserait nous désarment dans une mondialisation dont les paramètres nous échappent. L'euro, dont la Banque centrale indépendante a laissé la valeur en dollars s'apprécier en cinq ans de 60 % (le dollar qui valait 0,8 euro en vaut aujourd'hui 1,3), asphyxie nos exportations, décourage l'investissement, accélère les délocalisations. Le pacte de stabilité budgétaire et le principe de la «concurrence libre et non faussée» conduisent à une absence presque totale de réactivité en matière d'investissement public, de politique industrielle et scientifique.

Pour remettre l'Europe en marche, il faut doter la zone euro d'un véritable «gouvernement économique», modifier les statuts de la Banque centrale, en lui assignant la croissance et l'emploi comme objectifs (et pas seulement la lutte contre l'inflation), réformer le pacte de stabilité budgétaire en autorisant la déduction des dépenses de recherche, harmoniser enfin la fiscalité et assurer la convergence en matière sociale, toutes choses que la «Constitution» rend impossibles. On me fera valoir que cela impliquera des décisions prises à la majorité qualifiée au sein des Douze.

Aux yeux d'un républicain, des délégations de compétences sont acceptables, dès lors qu'elles sont ciblées (harmonisation sociale par le haut ­ suppression de la course au moins-disant fiscal) et que, décidées dans un espace économique et politique relativement homogène, elles restent démocratiquement contrôlées. Tout le contraire des abandons de souveraineté qui ­ via la Commission de Bruxelles et son principe de «concurrence libre et non faussée» Ñ n'ont fait que transférer d'immenses pouvoirs au marché, au seul bénéfice des multinationales, enfin libres dans le poulailler mondial libre ! Les pays de la zone euro (Allemagne, France, Italie au premier chef) sont confrontés aux mêmes difficultés : délocalisations, chômage de masse, remise en cause des acquis sociaux. C'est ensemble que nous devons inventer une réponse : relance par l'investissement, politique monétaire active, pari sur l'intelligence en matière de formation et de recherche, politique industrielle et de développement technologique à géométrie variable, etc. La France ne sera pas seule : elle trouvera des alliés.

Dès lors que la zone euro aurait été redynamisée, il ne sera pas difficile de trouver un code de bonne conduite, dans le grand marché à vingt-cinq, avec les autres pays membres pour refuser la course au moins-disant fiscal et social, moyennant des aides régionales substantielles. Et, bien entendu, il faudrait dépasser le cadre de l'Europe à vingt-cinq où les gouvernements pro-Bush sont majoritaires, pour nouer des partenariats stratégiques du Maghreb à la Russie. Jacques Chirac ne démontre-t-il pas l'inadéquation du cadre à vingt-cinq pour mener une politique étrangère indépendante, quand il réunit à Paris MM. Schröder, Zapatero... et Poutine ? Ce qu'il fait aujourd'hui demain ne le serait plus avec la «Constitution» qui nous obligerait à des consultations préalables avant toute initiative de politique étrangère (article III-297, alinéa 3) et nous ferait parler par la voix de M. Solana, déjà consacré comme futur «ministre des Affaires Etrangères de l'Union». L'Europe parlerait certes d'une seule voix mais elle parlerait yankee.

Décidément, la copie que nous présente M. Chirac est mauvaise. Le peuple français a le moyen de la lui renvoyer, avec la mention : «A refaire». Il suffit de dire «non».

Jean-Pierre Chevènement ancien ministre, président d'honneur du MDC.

L'industrie du mensonge

Bonjour,
Voici un article que j'ai trouvé sur Outils Froids , un weblog qui a pour but d'informer les "knowledge workers" des nouveaux outils, usages, méthodologies, concepts, pouvant les aider à améliorer leur productivité personnelle au quotidien"

Le site de l'UJJEF propose une interview

particulièrement inquiétante de Roger Lenglet. Ce dernier, philosophe et journaliste d'investigation vient de co-écrire avec John Stauber et Sheldon Rampton un ouvrage intitulé "L'industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité & médias " dans lequel il met en garde l'opinion publique contre les pratiques d'influence qui, selon eux, faussent le jeu de la démocratie.

Morceaux choisis:

"Dansl'arsenal des moyens utilisés, acheter un élu ou un parti ne gêne pasla plupart des lobbyistes pourvu que leurs commanditaires payent.Ouvrir et alimenter des comptes (souvent à l'étranger), offrir desemplois fictifs ou semi-fictifs, faire passer des enveloppes ou desmallettes, tout cela existe à grande échelle et aucun secteuréconomique n'est épargné, de même qu'aucun grand parti... "

"Leurstratégie est d'agir au plus tôt, avant même que les législateursdécouvrent le problème, et de retarder le plus possible la prise deconscience claire des dégâts, pour continuer à vendre ou à déstocker,pour avoir le temps de délocaliser vers des pays moins informés ou plussouples, de débarrasser le groupe financier de la branche à risque oude dissocier juridiquement les sociétés avant que les victimesn'agissent en justice pour faire payer les responsables (...) Etlorsque le dossier arrive sur le bureau du législateur, il n'est pasrare que le cabinet de lobbying ait déjà concocté un texte de loiprotégeant astucieusement les intérêts de leurs clients."

"Lesanciens élus préfèrent faire du lobbying pour les grandes sociétés quepour les associations, ce qui ne profite pas vraiment à la démocratie.De grandes carrières politiques et financières se sont faites ainsidans ce va-et-vient entre les grands groupes et les responsabilitésministérielles, voire le fauteuil présidentiel. "

"Leschercheurs fondent le jugement sur la toxicité des substances et sontune pierre angulaire du discours. Plus ou moins à leur insu, ilsreprésentent un formidable outil de communication dont l'impact estcertain. Les industriels et les politiques roués n'hésitent donc pas àfaire monter au créneau leurs lobbyistes pour les aider à présenterleurs résultats, aussi dramatiques soient-ils, de façon rassurante."

"Defaçon générale, la première question à se poser face à des résultatsscientifiques est la suivante : qui a financé la recherche ?Financement privé, public, conjoint ? Aujourd'hui, les chercheurs sontde moins en moins loquaces auprès des journalistes, comportement quicoïncide avec l'intensification des privatisations du domaine de larecherche. Quant au chercheur qui ne veut pas courber l'échine ou quidéroge à la réserve, les moyens de rétorsion sont redoutables. EnFrance, il n'y a pas encore de loi qui protège l'éventuel lanceurd'alerte. Etat de fait qui autorise les pires sanctions, dont lelicenciement pur et simple, comme on l'a vu notamment à l'INRS avecAndré Cicolella, viré pour avoir refusé d'oublier les études suspectantles éthers de glycol et avoir voulu communiquer à ce sujet."

"Mieuxvaut distinguer médias et journalistes : nombreuses sont les diffusionsmédiatiques, comme des films ou reportages, présentés sous formed'information, qui ne sont pas le fait des journalistes mais delobbyistes, c'est-à-dire des produits conçus dans le cadre d'opérationsde manipulation, par exemple pour contrebalancer la progression d'uneinformation inquiétante à l'origine d'une prudence des consommateurs."

"Ils(les lobbyistes) sont aussi plus souvent à l'initiative de groupes deveille sanitaire, ce qui leur permet de choisir les membres qui lescomposent et, à l'arrivée, l'information qui sera relayée par lesmédias. Il s'agit toujours d'emprunter des formes non soupçonnables demanipulation, d'avancer masqué."

"Dans ce domaine (santépublique), les lobbyistes sont les sophistes d'aujourd'hui : comme ceuxde l'antiquité, ils vendent aux riches et aux dirigeants leursavoir-faire en matière de communication."

"(...) les grandsinvestigateurs viennent souvent de la marge du journalisme : lespigistes sortent plus d'affaires que les autres, ils y mettent plus detemps et d'énergie sans que ça coûte beaucoup aux médias qui vont leurouvrir leurs colonnes."

"L'intensification des forums dediscussion et des pétitions par email a démultiplié la vitesse, lenombre et l'importance des crises dans l'opinion publique, mais celapermet aussi aux lobbyistes d'apercevoir beaucoup plus vite lespremiers signes de crises, des alertes et des fausses alertes demanière quasi abusives."

"La toile est plus qu'un système deveille pour tous les sujets qui concernent l'entreprise, c'est un outilqui permet de contrôler l'information et de la diriger, d'en connaîtreles sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et dedissimulation."
"La communication auprès de ses propressalariés dissimule en fait ce que l'on peut appeler du «lobbyinginterne». Il est développé pour éviter que les informations sensiblesne se diffusent à l'extérieur. Il s'agit de surveiller ce qui se dit,mais aussi d'inciter les salariés à un discours qui transmette l'imagede l'efficience de l'entreprise, de neutraliser les tentativesd'intrusion des journalistes et des concurrents, de faire circuler desinformations qui font perdre du temps ou égarent..."

"Créer de nouveaux noms pour désigner des choses désagréables peut permettred'aseptiser le discours, employer des mots positifs pour dire deschoses négatives est toujours payant, les politiques font ça sansarrêt, instruits par des conseillers qui savent que les mots c'est desstimuli et du conditionnement.

Pour un peu, vous pourriez rendre heureux des gens en leur annonçant une très mauvaise nouvelle sivous maniez bien la communication d'influence."

"Trop de genscroient encore que le langage n'est qu'un outil d'expression de lapensée. Or, la linguistique a démontré depuis près d'un siècle déjà quele langage précède la plupart de nos pensées et non l'inverse. (...) Onsait depuis longtemps que le fait de réduire le vocabulaire réduitl'analyse, la synthèse et la critique. Ces conclusions de lalinguistique avaient été illustrées par G. Orwell : la refonte dulangage permet de s'occuper de la bonne santé des pensées de lapopulation."

"Changer les choses nécessiterait de commencer parmieux repérer les actions des lobbyistes. Il faut s'y habituer etrapidement. Une loi de transparence sur les missions des lobbyistesdeviendra tôt ou tard une obligation si l'on veut sauver la démocratie."
Les quelques extraits ci-dessus ne sont qu'un en-cas et je vous conseille vivement d'aller lire la totalité de l'interview de Roger Lenglet. Ce travail de décryptage est éclairant et inquiétant à tout point de vue, même si on doit lui appliquer la grille de lecture que propose son propre auteur et se demander pour qui il travaille (les Editions Agone étant ouvertement très engagée dans le combat social).

Chacun est bien entendu libre de lire ou non cette interview mais il ne faut pas oublier que pour ce qui est de la santé publique, un sujet que l'auteur semble particulièrement bien connaître, tout le monde est perdant au final, que ce soit en terme de santé personnelle, de conscience citoyenne ou plus prosaïquement d'impôts.

S'informer plus avant sur les questions que soulève l'auteur en tentant d'y mettre la distance nécessaire à l'analyse relève donc autant de la curiosité agnostique propre aux métiers de l'intelligence économique que du principe de précaution.

dimanche, 10 avril 2005

TOUT SARKOZY EN DEUX LAPSUS TRÈS RÉVÉLATEURS

2 avril 2005



Bonjour à toutes et à tous,

Le 31 mars 2005, France 2 faisait cadeau de "cent minutes" à Sarkozy. Ce dernier en a profité pour nous révéler le fond de son cœur en deux lapsus.

Le programme politique de Sarkozy est très simple. Comme de bien entendu, Sarkozy ne travaille pas à rendre ce monde plus juste, puisqu'il « veut mettre au service des injustices plus de moyens ! »

Pour en avoir la preuve veuillez cliquer ici :

http://mai68.org/ag/796/lapsus1.avi

Quant à la constitution, s'il va faire de la propagande pour le Oui, a-t-il dit, c'est parce « Qu'il n'y a pas un élément dans la constitution, vous m'entendez Olivier Mazerolle, pas un seul qui N'aggrave la situation ! »

Écoutez bien :

http://mai68.org/ag/796/lapsus2.avi

Et n'oubliez pas que tous les psys disent que les lapsus révèlent la vérité de ceux qui les font !



Merci pour votre attention,
Meilleures salutations,
do
http://mai68.org

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